Communication Et Activités Avec Une Personne Souffrant de Polyhandicap

Communication Et Activités Avec Une Personne Souffrant de Polyhandicap

Selon l’OMS, environ neuf millions de Français sont touchés par un handicap léger ou plus important. 20 000 d’entre eux sont des polyhandicapés âgés de 0 à 20 ans (source).

Le polyhandicap est la forme de handicap la plus complète. Elle combine des déficiences et des incapacités aux causes diverses. La personne polyhandicapée est atteinte d’une déficience motrice cumulée à une déficience mentale sévère. Elle est donc limitée au niveau de son autonomie et de ses possibilités de perception et d’expression.

On estime que, dans plus de la moitié des cas, le polyhandicap est présent dès la naissance de l’enfant. 

Notre but, via cet article, est de vous renseigner sur la vie quotidienne d’une personne souffrant de polyhandicap. La communication et certaines activités permettent de contribuer au bien-être et à l’évolution de ces personnes uniques.

En savoir plus sur le polyhandicap

Une aide nécessaire au quotidien

La personne atteinte de polyhandicap présente un dysfonctionnement cérébral précoce. Elle a donc besoin, de façon permanente, d’une aide totale pour tous les actes essentiels de la vie quotidienne et d’équipements spécialisés selon les besoins  (fauteuil roulant, verticalisateur, coquille…).

Il est nécessaire de l’assister dans chaque tâche : s’habiller, se laver ou manger, par exemple.

Dans la plupart des cas, la personne ne marche pas et se déplace dans un fauteuil roulant. 

Au vu de sa fragilité, le polyhandicapé a besoin d’une prise en charge médicale spécialisée et continue tout au long de sa vie afin d’essayer d’améliorer son état de santé et éviter les complications.

La communication : l’élément  essentiel au bien-être du polyhandicapé

Son niveau de communication est très limité : la personne atteinte de polyhandicap ne parle pas, ou très peu. Elle arrive, dans certains cas, à s’exprimer par des gestes ou des sons. Exprimer un simple « oui » ou un « non » lui est, par exemple, difficile.

Notez néanmoins que la personne polyhandicapée est attentive au comportement et aux paroles de son entourage. Elle est très réceptive à son environnement et dispose d’un grand développement émotionnel, d’une empathie et d’une affection profonde. 

C’est une des caractéristiques fondamentales de son identité. Amine nous montre bien qu’il comprends ce que nous lui disons. Nous n’avons absolument aucun doute.

Il est donc essentiel que la famille et les proches s’investissent fortement au niveau affectif et portent une attention particulière sur le comportement non-verbal. Nous parlons par exemple de son regard, des sons qu’il exprime, de ses mouvements, de ses réactions ou simplement de l’orientation de son corps. Tous les cousins et cousines d’Amine jouent avec lui. Ils ont grandis avec cette différence qu’ils acceptent très bien.

Contact et prise de décision

Soyez toujours dans un contact rapproché avec la personne polyhandicapée. Laissez-lui l’opportunité de prendre des décisions, en prenant le temps nécessaire et en répétant ses possibilités de choix. Le délai de réponse peut être long (plus d’une minute) mais gardez toujours en tête que la personne est capable de décider, d’apprendre et de développer des compétences, même si c’est d’une façon différente de la nôtre.

C’est un fait : les potentialités du polyhandicapé sont limitées. Mais ce n’est pas pour cela qu’il n’est pas capable d’apprendre, de communiquer, de faire des choix et de participer. Ne sous-évaluez pas ses capacités.

Conseils pour aller plus loin dans votre relation avec un polyhandicapé

Pour accompagner une personne souffrant de polyhandicap, il est nécessaire de mettre l’accent sur l’établissement d’une communication, d’un contact et sur le fait de vouloir créer une relation. Le polyhandicapé comprend généralement une partie de ce qui lui est dit. 

Il peut être intéressant de créer des codes qui facilitent votre communication. Afin d’y arriver, veillez tout d’abord à prendre le temps d’expliquer ce que vous faites et comment vous le faites. Assurez-vous, avec beaucoup de patience et d’empathie, qu’elle vous comprend. 

Afin d’aider la personne à mieux se faire comprendre, à se sentir bien ou à découvrir son environnement, il est essentiel de lui expliquer et lui faire ressentir les sensations qu’elle peut éprouver :

  • le toucher : le chaud, le froid, la douceur… ;
  • les goûts et odeurs ;
  • la vision : la lumière, l’obscurité, les couleurs ;
  • le son : la musique, le bruit… ;
  • les sensations corporelles et les émotions.

Nora, la maman d’Amine a investi dans des jeux avec des lumières colorées, des textures et des formes différentes afin de stimuler Amine tout au long de sa vie. Il adore la musique, notamment les comptines et joue beaucoup avec ses maracas.

Il est nécessaire de mettre en valeur les comportements positifs et d’encourager la progression de la personne atteinte de polyhandicap.

Comment travailler à l’épanouissement d’un enfant souffrant de polyhandicap

Pour créer un lien plus fort et stimuler l’enfant, il est nécessaire d’organiser certaines activités qui lui permettent, sans aucun doute, de s’épanouir et développer ses capacités.

Durant ces moments privilégiés, vous en profitez pour renforcer votre communication et votre lien affectif.

Les massages

Le toucher est un sens qui apporte de nombreux bienfaits et permet d’installer une relation de réciprocité. Le massage est un moment privilégié durant lequel vous touchez avec bienveillance le corps de l’enfant polyhandicapé. 

Durant cette activité, veillez à toujours avoir un contact visuel essentiel au bien-être de l’enfant. Expliquez toujours ce que vous faites et préparez un lieu calme, propice à la relaxation. 

Le massage permet de stimuler la circulation sanguine et permet à l’enfant de prendre conscience de son corps. N’hésitez pas à lui faire faire de petits mouvements des bras et des jambes.

Pour rendre le moment unique, combinez des odeurs et des goûts à votre massage. Une huile essentielle à l’odeur de la lavande relaxe, une bougie parfumée à la rose enchante…

Bien entendu, il est indispensable de prendre conseil auprès de son médecin traitant avant l’utilisation de produit car, par exemple ; certaines huiles essentielles ne sont pas compatible avec l’épilepsie (menthe poivrée, Eucalyptus…). 

Les activités sensorielles

Permettez à l’enfant d’effectuer des découvertes sensorielles. Toucher des plumes, mettre sa main dans un sac de riz, toucher un objet plus rugueux…

À l’aide de ce genre d’activité, l’enfant comprend un peu mieux le monde. Il touche du réel, en toute sécurité et devient un peu plus autonome.

Préparez des paniers découvertes, des murs sensoriels ou un mini-circuit qui stimule les sens de l’enfant.

L’eau est aussi un élément essentiel que ce soit en piscine, en balnéothérapie ou en milieu naturel car elle permet à la personne polyhandicapée d’éprouver de nouvelles sensation et de percevoir son corps différemment.

Amine adore l’eau ! Il est libre de circuler comme bon lui semble dans la piscine avec ses brassards. Le handicap semble bien loin pendant les moments de baignade.

Amine, polyhandicapé, s'éclate à la piscine
Amine qui s’éclate à la piscine

L’apprentissage d’une personne souffrant de polyhandicap

Quelles que soient les atteintes neurologiques dont souffre la personne polyhandicapée, elle est capable tout au long de sa vie, de développer de nouvelles compétences.

Pour potentialiser ses capacités, il est nécessaire, dès son plus jeune âge, de stimuler son apprentissage et d’aménager son environnement afin de favoriser au mieux son développement.

Tout type d’activité contribuant au développement peut procurer plaisir et bien-être à la personne. Il est donc important de varier les activités et d’aller dans des lieux différents. Un environnement inhabituel (Exemple : une journée à la mer) permet de faire découvrir de nouvelles sensations et donne l’opportunité de partager des moments uniques avec d’autres personnes.

Néanmoins, lors d’une nouvelle activité, n’oubliez jamais de penser aux préférences de la personne souffrant de polyhandicap. Donnez-lui toujours le choix de l’activité. Mettez aussi toujours en avant le confort et la sécurité.

Amine fait toute sorte d’activité, rien n’est impossible tant qu’il est bien encadré soit par la famille soit par des professionnels selon la discipline.

Amine, polyhandicapé, participe à diverses activités comme le chien traineau, le deltaplane, l'équitation ou encore le quad
Amine lors de diverses activités

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